ON A VOLE LE SAINT SACREMENT

Publié le par Fabrice Debaque

Auteur : Sylvain Roche

Édité chez Bloud & Gay en 1942

Préface de Jean Morienval

 

 

ON A VOLE LE SAINT SACREMENT

Résumé : Nouvellement nommé vicaire de la paroisse de Belle-Rive sur Saône, l'Abbé Félicien se présente chez le Chanoine Augerant chez qui il doit emménager. Celui-ci arrive un peu plus tard, porteur de bien mauvaises nouvelles : on a volé le Saint Sacrement, le réceptacle des hosties consacrées, un ciboire en or massif orné d'une belle émeraude. Bien sûr, la police piétine, mais heureusement, le R. P. Larronde, un ami du Chanoine Augerant doit venir lui rendre visite et il est réputé pour être un fin limier...

ON A VOLE LE SAINT SACREMENT

Première phrase : « Je me proposais de consacrer un livre au Révérend Père Larronde, lorsque je m'avisai que les circonstances dans lesquelles je fis sa connaissance pouvaient fournir les éléments d'une histoire susceptible d'intéresser les lecteurs. »

 

Une plongée dans la vie ecclésiastique d'une petite ville. La vie du prêtre rythmée par les dévotions y est décrite avec exactitude. Les rapports qu'il entretient avec son entourage tiennent une place importante dans le récit. Signalons une particularité étonnante : tous les personnages féminins du romans sont des vieilles filles dont il est dit, chez les ecclésiastiques : « Il n'y a pas de milieu, elles deviennent agneaux ou chameaux. » (page 27). L'énigme est des plus classiques et sa solution tient plus du roman feuilleton de fin de siècle que du policier à la Agatha Christie. On notera une analyse des empreintes digitales dont les contours et les aspérités délivrent le caractère d'une personne et permettent son identification, une curieuse méthode abandonnée à l'heure actuelle.

J'ai pu réunir quelques éléments éparses de la vie de Sylvain Roche qui fut un journaliste réputé, œuvrant pour des publications et journaux de la mouvance catholique.

En 1938, il interrogeait Jacques Spitz sur son métier d'écrivain. Prisonnier de guerre, Sylvain Roche revint en France en 1942 ou 1943, et écrivit plusieurs textes pour le mensuel de la fédérations de femmes de prisonniers dont l'une des fondatrices était sa sœur. Il publia d’ailleurs , en 1942, «  La guerre des captives », un roman sur la vie difficile des femmes de prisonniers.

 

ON A VOLE LE SAINT SACREMENT

Après la guerre, il travailla pour de nombreux journaux  dont La vie catholique illustrée, fondé par Francisque Gay, où il publia « Trois jours chez les gueules noires au fond de la mine » en collaboration avec André Sonine, dans le numéro 244 paru en mars 1950 ; un roman à suivre, Ah, quelle vie sans toit durant l'année 1954 et sans doute, bien d'autres articles. On le retrouve dans le numéro 28 du magazine 7 jours (juillet 1960) avec « Le combat pour les vacances continue ». Il est décédé en 1964.

ON A VOLE LE SAINT SACREMENT

La majeure partie de son œuvre romanesque appartient aux domaines du policier et de l'espionnage à part La guerre des captives dont il est fait mention plus haut et Les bonheurs de Sophie, un recueil de chroniques publiées dans La Vie Catholique.

bibliographie non exhaustive. L'utilisation du pseudonyme de Claude Ferrand, si elle est probable reste à confirmer.

bibliographie non exhaustive. L'utilisation du pseudonyme de Claude Ferrand, si elle est probable reste à confirmer.

ON A VOLE LE SAINT SACREMENT
ON A VOLE LE SAINT SACREMENT
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ON A VOLE LE SAINT SACREMENT
ON A VOLE LE SAINT SACREMENT
ON A VOLE LE SAINT SACREMENT

Les Éditions Bloud & Gay étaient spécialisées dans la littérature catholique d'érudition ainsi que le montre les intitulés des différentes collections :

  • Bibliothèque de l'histoire de l'Église

  • Liturgie

  • Travaux de l'Institut Catholique de Paris

  • La Vie de l'église

  • Bibliothèque catholique des sciences religieuses

À Jean Morienval échoit la lourde tâche de préfacer le livre de Sylvain Roche et de faire entrer le roman policier dans cette très austère maison d'édition. Il s'y emploie du mieux qu'il peut dans une courte préface. D'abord, il affirme que les gens du commun, dont il fait partie, ont parfois besoin d'une littérature un peu plus légère. Puis il expose ses idées sur le roman policier. Il termine sur le côté vécu de ce roman écrit par un croyant tout en insistant sur la sagacité du détective en robe blanche plus enclin à étudier les caractères que les indices matériels. Le tout est raconté sur un ton léger avec un humour sous-jacent que l'on retrouvera d'ailleurs dans le roman.

 

Le choix de Jean Morienval pour la rédaction de cette introduction est tout à fait logique. En effet celui-ci était un journaliste issu de la mouvance catholique progressiste initiée, plus ou moins, par les idées que Marc Sangnier avait popularisées dans Le Sillon : un catholicisme social et républicain résolument de gauche. Avec le temps, il se spécialisera dans la critique des spectacles où il acquerra une grande notoriété, son action politique se tournera vers le syndicalisme. Sa caution en tant que catholique et spécialiste du « divertissement » en faisait donc le candidat idéal pour introduire le roman policier dans la littérature chrétienne.

Francisque Gay et Edmond Bloud, les deux éditeurs faisaient partie de la même famille politique. Francique Gay entre, en 1911, dans le capital de la maison Bloud qui devient alors Bloud & Gay. Leur association durera jusqu'en 1948, année de la mort d'Edmond Bloud. Les Fonds de la Société sont cédés en 1954 à Desclée et Cie (certainement Desclée de Brouwer).

 

Sources :

le Maitron, dictionnaire biographique du mouvement ouvrier et du mouvement social.

forum « A propos de littérature populaire »

Repères historiques concernant la maison d'édition "Bloud & Gay"

« « La guerre des captives » et les associations de femmes de prisonniers en France » (1941-1945) », Geneviève Dermenjian, Sarah Fishman. In: Vingtième Siècle. Revue d'histoire, N°49, janvier-mars 1996. pp. 98-109.

« Avec le père de l'homme élastique » , cité dans « le virage générique de l'œuvre romanesque de Jacques Spitz, suivi de l'édition annotée de son journal (1928-1938) » , Patrick Guay, Université du Québec, 2011)

 

 

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